Brevet des Randonneurs Mondiaux : 400 km d'une traite

Va donc ! Eh, vieux con !
ou la passion d'un randonneur au long cours
 
  C’est quoi ce titre ? Il déconne le Guillaume, ou quoi ?
Ben… il a passé la quarantaine l’année dernière et vl’a ti’ pas qu’il se met à faire des trucs de papis, à aligner les kilomètres, soit disant pour le plaisir… Des trucs de papis, de trucs de papis... Revoyons donc nos préjugés et attardons nous un peu sur ces dires, voulez-vous ?
C’est vrai quoi déjà le matos : exit les performances tout schuss, Carbon is not mandatory !
Ah bon ? Alors on ressort les vélos du siècle dernier ? Le confort c’est l’alu, point barre, so what ? Du siècle dernier, certes mais full options !
Résumons.
Le matos :
Réseau électrique : Roue avec moyeu dynamo, redresseur de courant, batterie tampon, GPS. Petit bricolage de bibi qui permet aussi de charger le téléphone portable sur la même batterie. Lampe à led avant et arrière.
Equipement tout temps : pare-boue avant-arrière.
Astuce : Chainettes anti crevaison avant et arrière.
Aménagement de la cuisine : Sacoche de guidon pour embarquer les repas, les lunettes de jour et de nuit (halte aux moustiques ! z’avez déjà vu votre calendre de voiture après un roulage autoroute une nuit de juillet ?). Sur le dessus de la cuisine, l’indispensable porte carte!
Aménagement de la chambre : Sacoche de selle pour emporter les équipements de nuit, de pluie, du change, gants longs, jambières, brassières, de quoi réparer… pas une clef ! une chambre ! Non, trois chambres, démonte pneus, dérive chaine (merci à Vincent pour ton retour d’expérience du coté de Vert !!!), ensemble de clefs Allen, gants plastique... baudrier avec bande réfléchissante et couverture de survie…
Aménagement de la cave : Deux portes-bidon, 1,5 litres de fluide.
Au sous sol : Pompe classique mais compacte et cales idem au vélo moderne du dimanche pour pouvoir utiliser les mêmes shoes, les genoux apprécieront ! Pneus todo nuevos !
C’est pas tout ça mais en vieillissant on devient exigeant en confort ! All inclusive comme au club Med. Et là c’est pas du confort Coca cola light, c’est du lourd ! les bras m’en tombent a la pesée !
On comprend que le carbone est relégué au second plan. Exit les trucs de jeunes fougueux
  qui s’astiquent les guiboles pour la gagne ! Alors ? Pourquoi tout ce matos ? Pourquoi tout ce confort doudouille ? C’est pas beau de vieillir, hein ? J’en entends déjà dire, à quoi ça sert tout ça ? C’est débile de trimbaler tous ces kilos non ?
L’épreuve
elle-même…
400 bornes
Expliquons la raison de cet équipement que le coureur du dimanche ne peut comprendre ! Sagesse, endurance, prévoyance, anticipation, vision, maîtrise, les maîtres mots qui font du cycliste un cyclotouriste. Le mot est lâché, on parle bien de cette spécialité cycliste qui n’a de touristique que le nom !
La force tranquille, la puissance au service du hors norme ! Quel vocable mal choisit, on dit que la langue de Molière est une des plus riche et pourtant… Qu’ont-ils de touristes ces forçats de la route prêts à aligner 400 kilomètres, qui, partant à 15h00 ? roulent de jour, roulent de nuit, arrivent de jour, sans dormir... Z’avez déjà vu des touristes faire du sport toute la nuit ?
Et là, les kilos se justifient... le matos au service des warriors...
— Les gardes boue ? ben tiens, roule quatre heures sous la pluie avant de passer la nuit dehors... tu verras si c’est pas mieux de s’éviter les gerbes d’eau et de les éviter aussi à ceux qui roulent dans ta roue. Le touriste est attentif à l’autre, il partage la route et les aventures, il prend soin du groupe et de ses congénères.
— De la bouffe ? Pas de ravitos ! à la dure, façon bidasse... sa ration, son autonomie... vas trouver un commerce ouvert a 3h00 du mat du coté de Pont-Audemer ..
— Des équipements chauds ? Ben sur 20h20 de temps passer dans la nature, en ce superbe mois de mai de merde, l’amplitude de température qui passe de 7°C a 25°C…
— le GPS ? le fidèle compagnon, toujours là, toujours à montrer le chemin, le vrai plus, au milieu de la nuit, quel bonheur de ne pas avoir à sortir la carte à chaque croisement, juste rouler, rouler et rouler.
Mais il est gourmand le pépère, et en mode suivi de parcours avec retro éclairage de nuit, 5 heures maxi auront raison de sa batterie... heureusement la dynamo est là, fidèle, inlassablement elle produit du jus d’électrons. Rien ne se perd, tout se transforme ! Du gâteau sport à l’électron les Watts se baladent, le système s’équilibre presque harmonieux !
  — les 1,5 litres ? indispensables ! entre les derniers bistrots qui mettent les fêtards a la porte vers 1h00 du mat’ et les boulangeries qui ouvrent les devantures vers 5h30 faut quand même tenir 4h30. Ben t’t’en fous : la nuit il fait froid, tu bois pas... Misère, pimpim de pacotille ! Cycliste de course ! préserver sa monture c’est voyager loin, s’hydrater, boire, manger, boire manger boire manger all along the road ! Ne pas attendre, jamais ; toujours prévoir, anticiper. Pas possible de flancher a 4h00 du mat’ quand on est seul au milieu de nulle part. Ne pas flancher soi-même et pouvoir compter sur sa machine ! Vérifier, contrôler, préparer. Hum… quelle bonne idée ces petites chainettes qui éviteront les crevaisons au milieu de la nuit noire.
Le roulage
de nuit…
Black is black
Et puis, que dire de cette indescriptible sensation du roulage de nuit ?J’avais déjà expérimenté lors du 300 par un départ a 5H00 mais là rien à voir, la nuit complète, la nuit totale, black is black… Le jour se couche, la nuit noire, en forêt, sans lune... seule la lampe diffuse son ridicule halo de lumière, pourtant elle éclairait vachement bien le salon à la maison… Tiens ça monte ! Mais combien de temps ? 100m, 200m, 1kms ? 3 kms ? impossible de l’imaginer, tout est noir après 50m… Alors on ne cherche pas le passage en force, on va la pêche, on mouline, jamais dans le rouge, jamais dans le dur, la sagesse, la prudence et si on devait monter sans fin. Toujours en garder sous la pédale.
Hi hi hi ! En plein jour les petits jeunes fougueux chasseurs de performances passeraient sans doute sur la plaque. Oui mais là un de nos sens est altéré : la vue. On compense, on s’adapte, on s’écoute. Pas de danseuse, la force tranquille, juste ce qu’il faut quand il faut.
Le gamin que j’étais à 14 ans a découvert émerveillé qu’avec un vélo on pouvait aller au-delà des limites du lotissement. L’adolescent a découvert le monde de la course, des odeurs de canfre, les jambes rasées, les courses sur circuits, les routières, les jeux de coudes dans les pelotons. Plus tard L’étape du Tour, la montée mythique dans un Tourmalet noir de monde, vivre « pour de vrai » la montée d’un col d’exception au milieu d’un public ouvrant la route, incroyable. Puis les cyclo-sportives, l’Ardéchoise, L’Epervier, des instants géniaux passés avec les copains du Sud.
  Enfin une longue période de coupure pour revenir bien des années plus tard avec l’envie de revivre ces sensations, ces instants magiques. Mais bien plus que revivre, je découvre encore, j’explore une pratique du vélo que je pensais dédiée aux assagis du vélo… La sagesse, la force tranquille, celle qui amène le respect et l’admiration, toutes ces qualités transcendent le cyclotouriste en véritable héros du bitume
Oh pas d’orgueil démesuré de ma part : bien sûr j’ai fait mon premier 400 de nuit, j’en suis fier et je vois bien mon entourage enclin à l’admiration. Mais moi je pense à après, je découvre, en bleu-bite un univers, une facette du cyclisme jusqu’alors méconnue et qui m’inspire le plus grand des respects. A ce jour comment envisager vivre trois fois ces 20h20 d’aventure ? Comment un corps humain peut-il endurer 1200 bornes sans aucun doute en poussant à l’extrême l’organisation, la prévision, la gestion, le mental, la cohésion entre la machine et l’homme. Rien ne peut rester au hasard, tout prévoir, tout penser et surtout aller chercher au fond de soi une énergie de titan, la maitrise au service du succès !
Je me doutais un peu de l’aspect extraordinaire de ces épreuves mais là je dis bravo à tous les UVO qui ont bouclé un, voire plusieurs Paris-Brest-Paris, vous êtes indéniablement des héros, des forçats de la route, des touristes de l’espace, des explorateurs des limites du cyclisme ! Je vais continuer ma progression dans cet univers d’exception et je perçois là les valeurs profondes de Cyclotourisme, fondatrices de l’UVO. A nous de porter ces valeurs en les faisant découvrir aux nouveaux tout comme Serge, Philippe, Jean-Louis, Claudius, Elie... me les ont fait découvrir.
Merci l’UVO et longue vie à un club d’exception dont j’espère devenir un fidèle ambassadeur.
Un grand merci à Patrick et Vincent pour leurs SMS de soutiens en live !
Un doute à ce jour, comment enchainer le 600 et l’Ardéchoise dans la même semaine ?
Apprendre ! encore apprendre !

Guillaume


Photo ci-dessus,
cadrée d'après une image du

BRM 200 de Flins.
 

 
Brevet de
Randonneurs Mondiaux
Flins-Cabourg-Flins - 404 km

Merci à l’UC Flins pour cette belle organisation

très beau parcours (non fléché : c’est la règle pour les BRM) Vernon, Louviers, Oissel, Elbeuf, Deauville, Cabourg, puis retour par Honfleur, Pont-Audemer, Elbeuf, Les Andelys, Bonnières, et... Flins

Pointage de la feuille de route chez les commerçants ouverts ou expédition de cartes postales (la nuit) : L'Aigle, Houlgate, Conteville, Le Manoir

Temps roulage : 17h53
Temps total : 20h12
Moyenne roulage : 22,6
Dénivelé + : 2078 m
FCmax : 173
Etc... tableaux ci-contre
   


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