22 mars 2014 : Le BRM* du tonton flingueur

Trop tôt dans la saison? Trop vite?
Trop venteux ? Trop bu ? Trop peu dormi ?
 
  Tout était réuni pour un 200 km d'anthologie : un lendemain de veille pour au moins deux d'entre nous, un bon degré au départ (je parle de température, pas d'alcoolémie résiduelle), une météo pour le moins mitigée, et au départ que des gars du groupe 1 (Daniel, Gégé, Guillaume et Pascal) puisque le G2 avait déclaré forfait. Bon allez, j'y vais quand même, ça va faire 5-6 amicales que j'accompagne le G1 et même si ça roule va vite, j'arrive à suivre. Y'a pas de raison que ça ne passe pas aujourd'hui aussi.
Le carton de pointage dans la poche, un petit café, et on quitte Flins à 7h25. Le premier des 4 BRM flinnois prévus cette année pour préparer le Paris-Brest-Paris… 2015 : et oui, à l'UVO, on aime anticiper.
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PSCHIIIIIT !
QUAND VOTRE PNEU FAIT
PSCHIIIIIT ! (refrain)
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Ça commence par du plat, il y en aura pas mal sur ce BRM. Après une dizaine de km menée déjà bon train, un pschiiiiiiiiit brut et méchant nous réveille dans notre torpeur matinale. Daniel, le boss du jour, nous a éclaté l'arrière. Bizarre, c'est côté jante… pourtant rien d'abrasif. Bon, un manque de bol sans doute. On change de chambre, on regonfle – ça réchauffe – et on est reparti. Dans la montée qui nous extrait de Maule, un second pschiiiiiiiiit aussi brut et aussi méchant que le premier retentit en pleine ascension. Crever juste devant une chambre funéraire… fallait l'inventer celle-là. L'agacement commence à poindre le bout de son nez. Même roue, même endroit sur la chambre (à air, pas funéraire)… et toujours rien. Ah si ! Pascal identifie un petit trou sur le côté du pneu. Un emplâtre, on regonfle (ça réchauffe toujours), et on est reparti. Sur la route on croise nos copains les 2D qui montent dans le TGV pour arriver avec 10 bonnes minutes d'avance au rdv dominical à Orgerus. On en profite pour passer chez Daniel changer le pneu et cette fois, ça y est, on est vraiment parti. On frôle quand même les 17 km parcourus
  sur la première heure : vous avez dit G1 ?
On est sur notre territoire : Taco, Baz', Houdan, direction Cherisy. Ils avaient annoncé du vent d'ouest. Purée, pour une fois Météociel ne s'est pas planté, on confirme. Les relais reviennent vite quand on roule à 5. Le cardio monte, les mollets se contractent. On se retrouve avec une bande de jeunes Urban bikers parisiens. C'est quoi ces gusses ? Bah finalement ils roulent pas mal, ils finissent même par prendre des relais. Bon c'est un peu le foutoir, mais ça protège quand même. Arrivés à Cherisy, km 60, on est à 28 de moyenne. Heureusement qu'il y avait du vent de face, sinon on se serait fait flasher. Daniel nous offre un petit café dans le bar où l'on doit pointer le carton de route – c'est un BRM, faut retrouver ses réflexes d'antan… Nos parisiens grillent une clope… décidément on n'est pas du même monde… On reprend la route, à 5. On se dit qu'en remontant vers Louviers le vent va nous épargner un peu. Que nenni. Anet, Ezy, Breuilpont, tout cela s'enfile en relais organisés, mais épuisants.
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SUR LA ROUTE DE LOUVIERS
POM, POM, POM (refrain)
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Daniel nous emmène sur les pistes cyclables, ça change un peu. Mais ça ralentit, alors après on remet un coup de bourre pour garder la moyenne. A Pacy, ma grande carcasse commence à fatiguer un peu. Je demande qu'on lève le pied. Aussitôt dit, aussitôt… oublié. Gégé, intenable, nous relance la machine à chaque relais. C'est qu'il va faire les pancartes le bougre… Ce qui devait arriver arriva : le ciel s'assombrit, puis craque au-dessus de notre tête. On est à 17 km de Louviers (km 120), lieu initialement prévu pour le casse-croute. Et si on cassait la croute ici, histoire de laisser passer l'orage… ici… en fait on est où ? Euh… oublie, de toute façon la boulangerie n'a pas de sandwiches, le troquet local ne sert pas de casse-croute… inutile de se souvenir du nom du bled, on n'y reviendra pas de sitôt. Tant pis, on
  continue. On sera mouillés pour déjeuner. La cathédrale de Louviers pointe au loin, on cherche un bar accueillant… et on finit dans une boulangerie. Les sandwiches sont plus sympas que la boulangère : le "salon" qui jouxte le comptoir eut été idéal pour manger au sec, mais il est fermé … "vous comprenez, on l'a déjà nettoyé…" c'est vrai qu'un cyclo qui se ravitaille ça salit. Tant pis, on mangera debout, dehors, dans le froid. Là non plus on ne reviendra plus. Je reprends des forces dans l'emmental, le jambon, le coca et le chausson aux pommes. 27,5 de moyenne avec cette météo et ce vent dans la gueule pendant plus de 100 bornes, ça use son homme. Mais là on va - enfin - l'avoir dans le dos !
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CENT BORNES, VENT
DANS LA GUEULE
27,5 DE MOYENNE !
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On est repartis, toujours sous cette humidité d'intensité irrégulière. La sortie de Louviers nous offre la côte du jour. Longue mais pas trop difficile, même si on sent que la matinée s'est gravée au fond des cuisses. Direction les Andelys. Daniel nous prend en photo devant Château Gaillard, sous le soleil. Prends une deuxième… trop tard, il est déjà parti. On ne le reverra qu'à Flins (le soleil, pas Daniel). Aïe, je sens une cuisse qui se contracte… je me connais, ce sont là les prémices des crampes. Dans un faux plat à peine plus loin, cette fois elle est là pour de bon : je lève le pied, je décroche, je siffle… attendez moi les gars, problème " technique ". A partir de là, mon BRM ne sera plus qu'une lutte. Contre mon acide lactique.
Faisons un peu de biologie. Lorsque nos cellules sont au repos, on dit qu'elles sont en phase "G0" (prononcez Gé zéro). Elles ne font rien, elles attendent que ça passe. C'était un peu mon état d'esprit… mais à l'UVO, on a le … Gégé zéro. C'est presque pareil. Gégé "zéro", c'est d'abord parce qu'il roule encore plus vite que le G1… mais aussi parce qu'il a l'air de le faire en étant au repos.
Même pas mal. Gégé, il ne s'use que si on ne s'en sert pas. Ne
  relance pas Gégé… Ne relance pas Gégé… Ne relance pas Gégé… Alzheimer Gégé ? Sans doute vu le nombre de fois qu'on a dû lui répéter. Ben quand t'as les jambes tu t' rends pas compte. Quand tu les as pas, par contre… tu te rends très bien compte. "Mouline, bois…" oui je sais tout ça, j'ai l'habitude. On est parti trop fort, c'est tout, et je suis en train d'exploser. Les potes m'attendent, se retournent… s'inquiètent pour moi.
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RELANCE PAS GEGE,
RELANCE PAS !
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Relance pas Gégé… le tonton flingueur est insatiable aujourd'hui. Ah si seulement son cerisier avait été un peu plus haut (je higole) !! Quand ils font une pause technique, je continue à mon désormais petit 25 de moyenne en 39x18, histoire d'arriver au bout sans devoir descendre de machine en me tordant de douleur immobilisé par les crampes. Ils ont vite fait de me rattraper les bougres… mais m'attendent. Sympas l'esprit de groupe. La dernière côte de Saint Martin de Garenne sera franchie sur le pignon de détresse… malgré son petit 4 ou 5%. Y'a des jours comme ça. On arrive enfin dans la dernière portion de plat entre Limay et Flins. Quand on enroule j'arrive à suivre, malgré quelques petites alertes au moindre faux-plat. Daniel nous emmène le final à 35 pour écourter les souffrances… et puis c'est qu'il faut aller voter aujourd'hui… 16h20, enfin, on est de retour à Flins, à près de 27 de moyenne. Ma galère est finie. Enfin. Rarement un 200 m'aura été aussi pénible. Trop tôt dans la saison? Trop vite? Trop venteux ? Trop peu dormi ? Sans doute un peu de tout cela. Ça ira mieux au prochain BRM. Mais c'est aussi dans les galères qu'on apprend à se connaitre, soi-même autant que ses compagnons de route. Malgré un Gégé déchaîné, ils sont parvenus à m'attendre et me ramener à bon port. Merci les cyclos. Vive l'UVO !

Vincent Goffin
24 mars 2014

 
 
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Photo de haut de page :
Quatre des cinq gaillards
devant le chateau
du même nom (le cinquième,
Daniel, prend la photo)

Ci-contre :
Crevaison au sortir de Maule :
la chambre (à air)
de Daniel est morte aussi.

Ci-dessous :
Ravito bienvenu à Louviers :
on ne parle pas la bouche pleine…
On esquisse quand même un
sourire malgré la météo.


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*BRM : Brevet
des Randonneurs Mondiaux.
200 km Le premier
d'une belle série :
200, 300, 400, 600…
et 1000 si afinités,
en attendant
le Paris-Brest-Paris en 2015

Merci à l'UCFlins
organisateur de
cette belle série de brevets.
 
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